Les autorités ougandaises ont annoncé une série de restrictions temporaires sur les déplacements de personnes entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du renforcement des mesures de lutte contre l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement les deux pays.
À partir du samedi 23 mai, les vols commerciaux transportant des passagers, les bus transfrontaliers ainsi que les embarcations lacustres assurant le transport de voyageurs entre les deux États seront suspendus pour une durée de quatre semaines, ont indiqué les autorités de Kampala jeudi 21 mai.
L’annonce a été faite par Alan Kasujja, directeur du centre de presse du gouvernement ougandais, dans un message publié sur le réseau social X. Selon Kampala, cette décision vise à limiter les risques de transmission transfrontalière du virus dans un contexte de vigilance sanitaire renforcée dans la région des Grands Lacs.
En revanche, les autorités précisent que le transport des marchandises, des produits alimentaires et des biens de première nécessité demeure autorisé afin de préserver les circuits d’approvisionnement et d’éviter une perturbation majeure des échanges commerciaux entre les deux pays.
Une épidémie sous surveillance régionale
Cette mesure intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment classé l’épidémie d’Ebola touchant la RDC et l’Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale, en raison des risques élevés de propagation régionale.
Selon les autorités sanitaires ougandaises, le premier cas confirmé sur le territoire ougandais concerne une personne en provenance de la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC, une zone régulièrement confrontée à des résurgences de la maladie ces dernières années.
Face à cette situation, les deux pays ont intensifié les opérations de surveillance épidémiologique aux postes frontaliers, les contrôles sanitaires des voyageurs ainsi que les dispositifs de riposte rapide avec l’appui des partenaires internationaux de santé publique.
Des conséquences attendues sur la mobilité régionale
La suspension des transports de passagers risque néanmoins d’affecter fortement les mouvements quotidiens des populations vivant le long de la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Dans plusieurs zones frontalières, les échanges humains, commerciaux et familiaux dépendent largement des liaisons routières et lacustres désormais concernées par les restrictions.
Les opérateurs du secteur du transport pourraient également subir des pertes importantes pendant cette période de suspension, même si les autorités ougandaises considèrent ces mesures comme nécessaires pour contenir rapidement la circulation du virus.
Cette nouvelle alerte sanitaire intervient dans un contexte régional déjà fragilisé par les défis sécuritaires et humanitaires dans l’est de la RDC, où les capacités de réponse sanitaire restent sous pression face aux déplacements de populations et à l’instabilité persistante dans certaines provinces.
Ephraïm Muyaya


