Le procès de 84 militaires s’est ouvert mercredi 29 avril devant le tribunal militaire de garnison de Kisangani. Les prévenus, issus d’une unité déployée dans le territoire de Walikale, sont poursuivis pour « révolte », « refus de combattre » et « dissipation de munitions de guerre ».
Selon le ministère public, les faits remontent au mois de février dans la cité de Pinga, où ces soldats auraient refusé d’exécuter des ordres de combat, invoquant notamment le non-paiement de leurs primes. Cette situation aurait dégénéré en tirs nourris dans l’agglomération, dans un contexte déjà tendu sur le plan sécuritaire.
Les autorités militaires qualifient ces actes de réclamation collective interdite dans les rangs de l’armée. Le dossier a été porté devant la justice par le commandant de la troisième zone de défense, qui souhaite un procès à la fois pédagogique et dissuasif à l’endroit des troupes déployées sur le terrain.
Lors de la première audience, le tribunal s’est limité à l’identification des prévenus, tous détenus depuis environ deux mois à la prison militaire de Kisangani. L’instruction proprement dite du dossier devrait débuter dans les prochains jours.
De son côté, la défense dénonce un manque de preuves et estime que ce procès pourrait être « déstabilisateur pour l’armée », selon l’un des avocats. Les militaires encourent des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité, selon les dispositions du code militaire en vigueur en République démocratique du Congo.
David Batamana


