RDC–Chine : Kinshasa mise sur la coopération judiciaire pour sécuriser les investissements

En visite officielle en Chine, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a entamé une série de rencontres de haut niveau à Pékin en vue de renforcer la coopération judiciaire entre Kinshasa et son principal partenaire commercial.

Accueilli au Parquet populaire suprême de Chine par le vice-procureur général Tong Jianming, le ministre congolais a mis en avant le tournant que prend une relation bilatérale vieille de plus de cinquante ans. Longtemps dominée par les secteurs minier et agricole, cette coopération s’étend désormais au domaine juridique, présenté comme un levier essentiel pour garantir la durabilité des échanges dans le respect mutuel de la souveraineté.

Au cours de cette mission de cinq jours, les discussions portent notamment sur l’entraide judiciaire pénale, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’éradication de la corruption. Pour les autorités congolaises, l’enjeu est double : assainir le climat des affaires afin de sécuriser les investissements étrangers, en particulier chinois, et moderniser l’appareil judiciaire national.

Dans cette optique, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a exprimé l’intérêt de la RDC pour l’expertise chinoise en matière de numérisation des procédures judiciaires, en appui aux réformes engagées à Kinshasa, notamment la création récente d’un tribunal et d’un parquet économique et financier ainsi que l’examen prochain de projets de loi relatifs aux conflits d’intérêts.

Le séjour du Garde des Sceaux vise également à initier des consultations en vue de la conclusion de traités d’extradition entre les deux pays. En l’absence actuelle d’accords formels, les deux parties s’appuient sur le principe de « courtoisie judiciaire », notamment dans les affaires liées au recouvrement d’avoirs illicites. Le ministre congolais s’est en outre entretenu avec Gao Zicheng, président de l’Association nationale des avocats de Chine, qui a plaidé pour un rapprochement entre les barreaux des deux nations afin de mieux accompagner les entreprises dans leurs contentieux. Le modèle chinois, caractérisé par une forte structuration et une digitalisation avancée, suscite l’intérêt de la RDC.

Cette visite marque une étape importante dans la volonté de Kinshasa de consolider l’État de droit et de transformer une relation essentiellement commerciale en un partenariat institutionnel structuré. Les échanges se sont conclus par une cérémonie de remise de présents entre les deux délégations, traduisant leur volonté commune de renforcer les liens d’amitié et de coopération entre la RDC et la Chine.

David Batamana

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