Gabon : ce que les Gabonais retiennent de la première année d’Oligui Nguema

Un an après l’arrivée au pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema, les regards portés sur son action à la tête du Gabon mettent en avant plusieurs avancées notables, malgré des défis sociaux et économiques encore présents. Entre réformes structurelles, investissements publics et repositionnement diplomatique, le pays semble engagé dans une phase de transformation accélérée.

Des réformes économiques axées sur la souveraineté

L’un des marqueurs forts de cette première année reste l’orientation économique tournée vers la souveraineté nationale. Les autorités ont engagé une politique de reprise en main des secteurs stratégiques, notamment les ressources naturelles. Cette dynamique s’est traduite par la reprise de certains actifs pétroliers et par une volonté affichée de renforcer la transformation locale des matières premières.

Dans cette logique, le gouvernement a également amorcé des réformes visant à réduire la dépendance aux importations, notamment dans le secteur alimentaire. La mise en œuvre progressive d’une politique d’industrialisation, combinée à des partenariats publics-privés, est présentée comme un levier de création d’emplois et de croissance.

Infrastructures et modernisation de l’administration

Sur le plan des infrastructures, plusieurs projets ont été lancés ou accélérés, notamment dans le domaine routier, administratif et universitaire. La construction et la réhabilitation d’établissements publics, ainsi que la modernisation de l’administration, figurent parmi les priorités affichées.

Dans l’enseignement supérieur, de nouvelles capacités d’accueil ont été mises en place, notamment à travers des projets de logements universitaires et la modernisation de certaines institutions comme l’Université Omar Bongo. Ces initiatives visent à améliorer les conditions d’apprentissage et à répondre à la pression démographique étudiante.

Dans le secteur sanitaire, la modernisation des structures hospitalières et la construction de nouveaux établissements sont également en cours, avec l’objectif de renforcer l’accès aux soins dans plusieurs régions du pays.

Accélération de la transformation numérique

La transformation digitale constitue un autre axe majeur de l’action gouvernementale. À travers l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), plusieurs programmes ont été déployés pour former les jeunes aux métiers du numérique.

Le programme « Un étudiant, un ordinateur » a permis la distribution de milliers d’équipements informatiques aux étudiants et jeunes entrepreneurs, dans le but de réduire la fracture numérique et de stimuler l’innovation locale. En parallèle, des partenariats internationaux ont été conclus pour renforcer les compétences en cybersécurité et technologies de l’information.

Une diplomatie plus offensive et stratégique

Sur le plan international, le Gabon a engagé une diplomatie plus active, axée sur la diversification des partenariats et la défense des intérêts économiques nationaux. Plusieurs accords ont été signés avec des partenaires africains et internationaux, notamment la France, l’Angola et le Maroc.

Cette stratégie vise à renforcer la place du Gabon dans les instances internationales tout en attirant des investissements dans les infrastructures, l’énergie et l’industrie.

Une dynamique positive mais des attentes encore fortes

Si ces avancées sont saluées par plusieurs acteurs économiques et sociaux, elles s’accompagnent encore de nombreuses attentes sur le terrain. L’accès à l’eau, à l’électricité, l’emploi des jeunes et le coût de la vie restent des préoccupations majeures pour une partie de la population.

Malgré cela, cette première année de gouvernance est globalement perçue comme une phase de relance et de structuration. Pour beaucoup de Gabonais, le défi des prochaines années sera de transformer ces réformes en améliorations concrètes et visibles dans le quotidien.

Rewil Bolio

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