Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a lancé un appel à la prudence aux magistrats qui se trouvent toujours dans les zones de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) sous contrôle du groupe armé M23/AFC.
Lors d’une rencontre avec des magistrats ayant fui ces zones, le secrétaire permanent et porte-parole du CSM, Télésphore Nduba Kilima, a clairement averti : “Nul ne peut servir deux maîtres à la fois”.
Cette mise en garde vise à rappeler aux magistrats leur devoir d’allégeance à l’État congolais et à les inciter à ne pas collaborer avec les forces d’occupation.Le CSM a révélé que seulement 156 magistrats ont réussi à rejoindre Kinshasa depuis les zones concernées. 55 autres se trouvent à Bujumbura (Burundi) et 300 dans d’autres pays. Un nombre indéterminé de magistrats sont restés sur place, dans leurs lieux d’affectation désormais contrôlés par le M23/AFC.
Cette situation soulève de vives préoccupations quant à l’indépendance de la justice dans ces territoires. Le CSM craint que les magistrats restés sur place ne soient contraints de travailler sous l’autorité du M23/AFC, ce qui compromettrait leur impartialité et leur intégrité.
Le CSM a réaffirmé son soutien aux magistrats qui ont quitté les zones de conflit et s’est engagé à les accompagner dans leur réinstallation. Il a également appelé les autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des magistrats restants et rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées.
Cette mise en garde du CSM intervient dans un contexte de tensions croissantes dans l’est de la RDC, où le M23/AFC a intensifié ses attaques ces dernières semaines. La situation humanitaire s’est considérablement détériorée, avec des milliers de personnes déplacées par les combats.
Kerene Bausa Mbo


