Le président du Sénat de la République démocratique du Congo, Jean-Michel Sama Lukonde, a appelé au soutien de ses homologues africains pour exiger le respect des accords de paix signés entre la RDC et le Rwanda, lors de la première conférence annuelle des présidents des Sénats d’Afrique, tenue mercredi à Rabat.
Dans son intervention, le président de la Chambre haute a insisté sur la nécessité pour les États africains de veiller à l’application des engagements internationaux. « Il convient que notre association exige des parties impliquées le respect des résolutions des Nations Unies, ainsi que des accords signés à Doha et à Washington dans le cadre des processus de paix », a-t-il déclaré.
Placée sous le thème « la contribution des chambres hautes des parlements à la consolidation de la démocratie et à la préservation de la paix en Afrique », cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la persistance de conflits armés sur le continent, susceptibles de fragiliser les institutions démocratiques.
Le président du Sénat congolais a souligné que les violations répétées des accords de paix compromettent les efforts de stabilisation, notamment dans l’est de la RDC, où l’insécurité demeure préoccupante. Il a dénoncé une « guerre d’agression injuste » imposée à son pays, accusant le Rwanda de soutenir des groupes armés, dont l’AFC/M23, actifs dans cette région depuis plusieurs années.
« La paix est indispensable à la consolidation de la démocratie. Lorsqu’elle est perturbée par des conflits armés, l’exercice démocratique s’en trouve affecté », a-t-il affirmé, appelant l’Association des Sénats d’Afrique à jouer un rôle accru dans la promotion du dialogue, de la concertation et de la prévention des conflits.
De son côté, la présidente du Sénat de la Côte d’Ivoire, Kandia Camara, également présidente en exercice de l’association, a mis en avant l’importance de la coopération interparlementaire pour relever les défis sécuritaires et démocratiques du continent.
Le président de la Chambre des conseillers du Maroc, Mohamed Ould Rachid, a pour sa part évoqué les priorités de l’organisation, notamment la sécurité, la diplomatie parlementaire et le développement économique en Afrique.
Au terme de ces assises, les participants devront arrêter le thème, le lieu et les dates des prochaines conférences annuelles, ainsi que désigner le futur président de l’Association, une étape clé pour assurer la continuité du leadership et renforcer la coopération interparlementaire africaine.
David Batamana


