La légalisation de la polyandrie, qui permettrait à une femme d’avoir plusieurs maris, suscite un vif débat en Afrique du Sud, révélant les tensions entre traditions culturelles et revendications pour l’égalité des genres.
Le gouvernement sud-africain, les chefs coutumiers, les responsables religieux, des analystes sociaux et des défenseurs des droits des femmes sont au cœur de ce débat. Natou Pedro Sakombi, chercheuse en histoire contemporaine, a exposé les enjeux lors d’un forum suivi mardi par l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
En 2021, le gouvernement a publié le Livre vert sur les mariages (Green Paper on Marriages), visant à réformer le droit matrimonial pour le rendre conforme au principe d’égalité inscrit dans la Constitution. Parmi les propositions figurait l’étude de la polyandrie, déclenchant de nombreuses réactions dans la société.
Les voix traditionnelles et religieuses s’opposent à cette éventualité, estimant qu’elle menace les structures familiales établies. Plusieurs chefs coutumiers ont rappelé que, même si la polygamie masculine est pratiquée et légalisée dans certaines communautés, la polyandrie n’a jamais fait partie des traditions locales.
Certains observateurs considèrent toutefois cette proposition comme une provocation intellectuelle visant à mettre en lumière l’inégalité entre hommes et femmes dans les systèmes matrimoniaux traditionnels. D’autres y voient une revendication légitime d’émancipation féminine, inscrite dans un débat plus large sur les droits, l’autonomie et l’égalité des femmes dans la société contemporaine.
« La polyandrie est-elle une réponse à une inégalité historique ou une réaction symbolique face à la polygamie masculine ? » conclut Natou Pedro Sakombi, invitant la société à réfléchir sur l’équilibre entre traditions et modernité.
Rewil Bolio


