Cameroun : adoption rapide de la révision constitutionnelle malgré les réserves de l’opposition

Le Congrès camerounais a adopté en moins de 30 minutes la révision constitutionnelle controversée, avec 201 voix pour, 18 contre et 3 bulletins nuls, sur un total de 222 votants. Les parlementaires avaient le choix entre des bulletins verts pour le « oui », rouges pour le « non » et jaunes pour les votes nuls.

Avant le scrutin, les débats ont mis en lumière les tensions autour de la création d’un poste de vice-président. Dans un Palais de verre clairsemé, l’honorable Ze Nguele a insisté sur la nécessité de définir clairement les attributions de cette nouvelle fonction : « On ne peut pas rendre cette fonction corvéable à merci si elle est appelée à diriger les Camerounais. »

L’opposition a dénoncé un texte « sur mesure » qui, selon elle, restreint l’espace démocratique. La députée du PCRN, Ngo Issi, a déclaré : « Nous assistons ici à la clôture définitive de l’espace démocratique, avec l’introduction d’un poste de vice-président sur mesure. » Son collègue Jean Michel Nintcheu a exhorté les parlementaires pro-révision à ne pas invoquer la discipline de parti pour valider ce qu’il qualifie de « forfaiture ».

Pour Roger Nkodo Ndang, le texte respecte à la fois la Constitution et les conventions de l’Union africaine. Quant à Laurent Esso, qui a défendu la réforme devant la commission spéciale, il a rappelé que le président reste conscient de sa responsabilité historique et que les questions soulevées pourront être traitées ultérieurement par des propositions de loi.

Cette adoption rapide confirme la volonté du gouvernement de consolider l’architecture institutionnelle, mais laisse planer un débat sur la place de l’opposition et le respect de l’équilibre des pouvoirs dans le pays.

Rewil Bolio

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