RDC – RWANDA : « Si le fils de Habyarimana bénéficie du soutien de Tshisekedi… comment pourrions-nous minimiser cela ? » Paul Kagame

Le président rwandais Paul Kagame durcit le ton sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une interview aux accents offensifs, il rejette les accusations visant son pays, assume le maintien des dispositifs militaires et critique ouvertement Kinshasa ainsi que la communauté internationale.

Kigali ne compte pas reculer. « Nous refusons de lever les mesures défensives », a martelé Paul Kagame, affirmant que la sécurité du Rwanda reste une priorité absolue. Le chef de l’État va plus loin en justifiant la profondeur de ces mesures : « Si je défends ma frontière et qu’il faut traiter la menace à 5, 10 ou 20 kilomètres au-delà, cela reste une mesure défensive. »

Dans cette logique, Kigali exclut tout retrait de ses troupes de la RDC, estimant que les menaces persistent. Pour Paul Kagame, les critiques internationales sont déséquilibrées : « C’est comme si vous blâmez la victime », a-t-il lancé, en réaction aux sanctions visant son pays. Il dénonce des décisions qu’il juge arbitraires : « Émettre des sanctions ne signifie pas qu’elles sont justifiées. »

Accusations contre Kinshasa et tensions persistantes

Le président rwandais a également accusé les autorités congolaises de collusion avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe armé hostile à Kigali. Il critique ce qu’il considère comme une complaisance internationale : « Pourquoi ne parle-t-on que du Rwanda, alors qu’il fait face à un gouvernement qui travaille avec les FDLR et à qui on ne demande rien ? »

Dans une déclaration particulièrement virulente, il a aussi pointé du doigt le rôle présumé de Félix Tshisekedi, l’accusant de tenter de mobiliser des soutiens autour de figures controversées, notamment liées à l’héritage de Juvénal Habyarimana : « Si le fils de Habyarimana bénéficie du soutien de Tshisekedi… comment pourrions-nous minimiser cela ? » a-t-il déclaré.

Alors que la situation sécuritaire reste volatile dans l’est de la RDC, ces prises de position confirment l’enlisement des tensions entre Kigali et Kinshasa, sur fond d’accusations croisées, de sanctions internationales et d’une crise régionale toujours sans issue claire.

Kerene Bausa Mbo

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