Un nouveau mouvement armé, dénommé « Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo » (MDKC), a récemment fait son apparition dans l’espace du Grand Katanga, ravivant les inquiétudes sécuritaires dans cette région stratégique du sud-est de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué rendu public, le MDKC affirme s’inscrire dans une lutte contre la « mauvaise gouvernance » et la « tyrannie » du pouvoir central basé à Kinshasa. Le groupe armé exige notamment la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que le retour des exilés politiques, se positionnant ainsi sur un registre à la fois sécuritaire et politique.
Cette émergence intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions. Lors de la 82e réunion du Conseil des ministres tenue le 14 mars, le gouvernement congolais avait tiré la sonnette d’alarme sur l’incubation d’un mouvement insurrectionnel dans la province du Haut-Katanga. Les autorités évoquaient alors un lien probable avec l’AFC-M23, tout en assimilant cette dynamique au groupe armé Bakata-Katanga, actif depuis plusieurs années dans la région.
Parmi les faits jugés préoccupants figurent notamment des incursions signalées dans le quartier général du Parc national d’Upemba ainsi que dans la localité de Lusinga. Des actes qui, selon le gouvernement, témoigneraient d’une organisation structurée et d’une capacité de nuisance dépassant celle de simples milices locales.
Les autorités congolaises estiment que ces violences pourraient s’inscrire dans une stratégie plus large de déstabilisation du pays, dans un contexte régional déjà fragile. Cette nouvelle donne sécuritaire dans le Grand Katanga pourrait ainsi ouvrir un nouveau front d’instabilité, alors que l’est du pays demeure en proie à des conflits persistants.
Face à cette situation, la vigilance reste de mise du côté des forces de défense et de sécurité, tandis que les observateurs redoutent une escalade susceptible de compromettre davantage la stabilité nationale.
Kerene Bausa Mbo


