« Coincés comme tout le monde » : à Kinshasa, les ministres pris dans le piège des embouteillages

Chaque vendredi, le gouvernement de la République démocratique du Congo se réunit autour du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, pour le traditionnel Conseil des ministres. Les grandes questions politiques, économiques et sociales du pays y sont examinées et débattues.

Mais ce vendredi 13 mars 2026, la fin de la réunion a offert une scène inhabituelle : plusieurs membres du gouvernement se sont retrouvés confrontés à l’un des problèmes les plus quotidiens de la capitale, les embouteillages.

En fin d’après-midi, aux environs de 17 heures, le tronçon allant de Kintambo Magasin (avenue colonel mondjiba)  jusqu’à l’avenue Batetela s’est transformé en un véritable goulot d’étranglement. La circulation s’est particulièrement compliquée sur l’avenue Colonel Mudjiba, avant d’atteindre le rond-point Socimat, point névralgique où la circulation a pratiquement cessé pendant de longues minutes.

Après ce carrefour stratégique, l’axe se prolonge sur le Boulevard du 30 Juin, l’une des artères les plus fréquentées de Kinshasa, où les véhicules, taxis-bus et cortèges officiels se sont retrouvés piégés dans un flot interminable.

Photo crédit

Cortèges ministériels immobilisés dans la nasse

Face à cette situation, l’impatience a rapidement gagné certains cortèges ministériels. Pour tenter de se frayer un passage, quelques chauffeurs ont choisi de forcer la circulation en empruntant la voie contraire, pourtant à sens unique. Malgré les gyrophares allumés et les sirènes retentissantes, plusieurs véhicules officiels se sont retrouvés immobilisés au milieu du flot de voitures.

Dans certains cas, des éléments de sécurité sont descendus de leurs véhicules pour tenter de dégager la route et faciliter le passage des autorités. Certains responsables, pressés d’atteindre l’origine du blocage, ont même envisagé d’emprunter des motos pour se rapprocher du rond-point Socimat, considéré comme l’épicentre de l’embouteillage.

Pour ouvrir un passage, certaines voies ont été momentanément bloquées afin de créer un couloir pour les cortèges officiels, ce qui a parfois provoqué des tensions avec les automobilistes arrivant dans le sens opposé. Ce désordre improvisé n’a fait qu’accentuer la paralysie du trafic dans ce secteur très fréquenté de la capitale.

Les “Wewas” s’emparent de la route

Profitant de la confusion générale, les motards, communément appelés « Wewas », ont rapidement occupé les moindres espaces disponibles. Trottoirs, interstices entre les voitures et petits couloirs réservés aux passagers ont été envahis.

Cette ruée des motos a compliqué davantage la circulation et rendu les déplacements encore plus difficiles pour les piétons et les usagers des transports en commun.

Entre ironie et frustration chez les Kinois

Coincés dans le trafic, de nombreux habitants de Kinshasa ont assisté à la scène avec des sentiments partagés. Certains n’ont pas caché une certaine ironie face à la situation.

« C’est bien qu’ils vivent ce que nous subissons tous les jours. Peut-être que maintenant ils comprendront la réalité de la circulation à Kinshasa » (traduit du lingala), lance un automobiliste avec un sourire.

D’autres usagers se montrent plus critiques face à l’image donnée par les dirigeants. « Voir des responsables censés faire respecter les règles tenter de passer à contre-sens, ce n’est pas un bon exemple », regrette une passagère bloquée dans un taxi-bus.

Une scène révélatrice d’un problème quotidien

L’image de ce vendredi restera marquante : celle de membres du gouvernement coincés dans les mêmes embouteillages que les citoyens ordinaires. Une scène qui illustre, une fois de plus, les défis persistants liés à la circulation dans la capitale congolaise.

Si les ministres ont été pris au piège pendant quelques heures, les habitants de Kinshasa espèrent que cet épisode servira de signal d’alarme. Beaucoup attendent désormais des mesures concrètes pour améliorer la gestion du trafic et instaurer davantage de discipline sur les routes de la ville.

Rewil Bolio

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *