RDC : la VSV dénonce l’interpellation d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Shadary par le CNC

La Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV) est montée au créneau ce jeudi, 29 janvier 2026 pour dénoncer les méthodes d’interpellation et d’arrestation du Conseil national de cyberdéfense (CNC), notamment dans les cas d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary. L’ONG s’est exprimée lors d’une conférence de presse tenue à son siège à Kinshasa.

Devant la presse, le directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, a condamné des pratiques qu’il qualifie d’« enlèvements », estimant qu’elles violent la Constitution congolaise ainsi que les normes internationales relatives aux droits humains. Il a évoqué des interpellations menées dans des conditions inhumaines, parfois les yeux bandés, suivies de détentions prolongées sans assistance juridique ni présentation devant un juge compétent.

« Il est inadmissible que des personnes soient interpellées dans de telles conditions, en violation flagrante de la Constitution et des normes internationales reconnues », a déclaré Rostin Manketa.

La VSV a également attiré l’attention sur les répercussions psychologiques de ces opérations sur les familles des personnes concernées. Selon l’ONG, certaines interpellations sont effectuées très tard dans la nuit, entre 1h et 3h du matin, sans mandat judiciaire, sans identification des agents et sans indication sur le lieu de détention.

« Des épouses et des enfants vivent une sorte de traumatisme et de torture psychologique, ne sachant pas où leurs proches ont été conduits », a ajouté le directeur exécutif de la VSV.

Parmi les personnes récemment interpellées par le CNC figure Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et proche collaborateur de l’ancien président Joseph Kabila. La VSV rappelle également le cas d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du même parti.

« Rien ne justifie leur interpellation en pleine nuit pour certains, ni leur arrestation après divers subterfuges », a martelé Rostin Manketa.

Face à ces faits, la VSV invite le Conseil national de cyberdéfense à mettre fin à ces pratiques et à respecter scrupuleusement les procédures légales, notamment la présentation d’un mandat judiciaire avant toute arrestation et le respect du délai constitutionnel de la garde à vue, fixé à 48 heures.

Créé par ordonnance présidentielle en août 2023 et placé sous la tutelle de la présidence de la République, le CNC a pour principale mission la coordination de l’ensemble des services impliqués dans la cyberdéfense et le cyber-renseignement en République démocratique du Congo.

Rewil BOLIO

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