Kinshasa : un cri d’alarme adressé au Chef de l’État sur les dérives sécuritaires

Dans une correspondance rendue publique et adressée à Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo, le journaliste et porte-parole du mouvement « Défendons le Congo », Delphin Kasongo, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « dérive mercantile des forces de l’ordre » et d’« insécurité systémique » dans la capitale

Dans sa lettre, l’auteur dénonce une inversion des valeurs au sein des services censés protéger la population, citant nommément la Police Nationale Congolaise et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo.

Selon lui, des cas de violences gratuites, d’arrestations arbitraires et d’extorsions financières seraient devenus récurrents dans plusieurs communes de la ville, notamment à Makala, où un incident tragique impliquant des militaires aurait récemment choqué l’opinion.

Le document évoque également des pratiques assimilées à une « chasse aux faciès » visant des jeunes en raison de leur apparence, avec, à la clé, des libérations conditionnées au paiement de sommes importantes, sans procédure administrative formelle.

Autre point soulevé : une supposée collaboration occulte entre certains éléments des forces de l’ordre et des groupes criminels communément appelés « Kuluna ». Cette situation, si elle était avérée, constituerait, selon l’auteur, une rupture grave du pacte de confiance entre l’État et les citoyens.

La lettre évoque également des accusations de fourniture d’armes à des civils mal intentionnés, appelant à une clarification urgente des autorités compétentes.

Delphin Kasongo critique par ailleurs la gestion de certains sous-commissariats (sous-ciat), qu’il accuse d’avoir transformé l’espace public en fourrières improvisées.

Il dénonce :

  • L’occupation des trottoirs par des véhicules saisis, créant des zones propices à l’insécurité ;
  • La perception présumée de taxes illicites sur des marchés installés sur la chaussée, au détriment de la sécurité routière et piétonne.

La correspondance met également en cause le silence des autorités locales, notamment certains bourgmestres et responsables provinciaux, accusés d’inaction face aux dérives signalées.

Face à cette situation, l’auteur appelle le Chef de l’État à :

  • Ouvrir des enquêtes indépendantes et sanctionner les auteurs de bavures ;
  • Démanteler les fourrières occupant les trottoirs ;
  • Mettre fin aux perceptions illicites et rétablir l’ordre urbain ;
  • Renforcer la discipline et la formation éthique au sein des forces de sécurité.

Dans sa conclusion, Delphin Kasongo affirme que les habitants de Kinshasa aspirent à une sécurité fondée sur le respect des droits et la dignité des institutions.

Cette interpellation publique intervient dans un contexte où les questions de gouvernance sécuritaire et de responsabilité institutionnelle demeurent au cœur des préoccupations nationales.

Reste à savoir quelle suite les autorités compétentes réserveront à ce cri d’alarme.

David BATAMANA

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