Les négociations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le mouvement AFC/M23 ont repris en Suisse avec l’ouverture, le 13 avril, du neuvième round de discussions. Longtemps tenu secret pour des raisons de sécurité et de sérénité des échanges, le lieu des pourparlers se situe finalement aux alentours de Montreux, selon plusieurs sources concordantes.
Dès la première journée, les travaux ont été marqués par une certaine lenteur, malgré la présence remarquée de plusieurs médiateurs internationaux. Contrairement aux annonces initiales, le délégué du Qatar a fait le déplacement et a co-modéré les échanges aux côtés de l’émissaire américain Massad Boulos. Les discussions se sont poursuivies tard dans la soirée, entre sessions plénières et rencontres en aparté.
Au cœur des prochains échanges figure la question de l’accès humanitaire dans l’Est du pays. Les médiateurs espèrent obtenir des avancées concrètes, notamment la réouverture aux vols humanitaires des aéroports de Goma et de Bukavu, durement affectés par les combats.
Depuis plus de trois décennies, l’Est de la RDC reste en proie à des violences persistantes, dans une région riche en ressources naturelles et frontalière du Rwanda. La situation s’est particulièrement aggravée depuis la résurgence du M23 fin 2021. Début 2025, ce mouvement et ses alliés ont pris le contrôle des villes stratégiques de Goma et Bukavu à l’issue d’une offensive majeure.
Malgré la signature de deux accords, notamment une déclaration de principes à Doha et un accord de paix conclu à Washington entre Kinshasa et Kigali, les combats se poursuivent sur le terrain. La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) participe aux discussions en tant qu’observateur.
Plusieurs points de divergence ont émergé dès l’ouverture des travaux, notamment sur l’agenda des discussions, contesté par certains participants, ainsi que sur la composition des délégations. L’AFC/M23 a notamment insisté pour faire accepter l’ensemble de ses représentants et experts. Autre question centrale : l’absence d’application des engagements déjà signés, en particulier ceux relatifs au cessez-le-feu et à la libération des prisonniers.
Vanessa Kampond


