La qualification historique des Léopards de la RDC à la Coupe du monde continue de susciter un élan de fierté nationale, mais aussi un vif débat sur la gestion des affaires publiques. Au cœur de la controverse : la décision des autorités de décréter une journée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national.
Dans une déclaration critique, Rodrigue Ramazani, Secrétaire Général du parti ENVOL, formation politique dirigée par Delly Sesanga, a dénoncé une mesure qu’il qualifie d’« émotionnelle » et « dénudée de toute rationalité ».
Selon lui, une telle décision n’est pas sans conséquences économiques. Il évoque notamment un ralentissement des activités productives, une suspension temporaire des transactions bancaires, une baisse des recettes journalières de l’État ainsi que des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. Les petits commerçants, dont les revenus dépendent de l’activité quotidienne, seraient particulièrement affectés.
« Dans un contexte économique déjà fragile, chaque journée compte », a-t-il insisté, appelant à une gestion rigoureuse de l’État axée sur l’intérêt général.
Tout en saluant la performance sportive des Léopards une première qualification au Mondial depuis 52 ans, Ramazani a tenu à souligner que la célébration ne devait pas occulter les exigences de discipline économique et de gouvernance. « Cette victoire rassemble et honore la Nation, mais elle ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel », a-t-il déclaré.
Dans le même registre critique, Prince Epenge a également fustigé la mesure, estimant qu’elle traduit une dérive populiste du pouvoir. Il accuse le régime du président Félix Tshisekedi d’ignorer « la valeur du travail » en interrompant les activités économiques pour une journée.
« La qualification des Léopards est historique et honore la Nation. Toutefois, nous pouvons la célébrer tout en travaillant. La journée chômée et payée décrétée est une bêtise », a-t-il déclaré, pointant des pertes financières « énormes » pour l’économie nationale.
Alors que la population congolaise continue de célébrer cet exploit sportif majeur, le débat reste ouvert entre impératif de cohésion nationale et exigences de rigueur économique. Cette controverse illustre une fois de plus les tensions entre symboles politiques et réalités économiques dans la gouvernance du pays.
David Batamana


