RDC : DiaspoBoost appelle à transformer le potentiel de la diaspora en investissements concrets

Au terme de deux jours de travaux à Kinshasa, le colloque organisé par DiaspoBoost a mis l’accent sur la mobilisation des compétences, des capitaux et des réseaux de la diaspora congolaise pour stimuler l’entrepreneuriat, créer des emplois et soutenir la croissance économique.

Transformer les ressources de la diaspora congolaise en investissements productifs constitue l’un des principaux défis du développement économique de la République démocratique du Congo (RDC). C’est le message central ressorti du colloque organisé par DiaspoBoost autour du thème « La contribution des diasporas à l’économie nationale à Kinshasa », clôturé le vendredi 23 octobre 2026 à Silikin Village, dans la capitale congolaise.

Durant deux jours, les participants ont échangé sur les mécanismes susceptibles de renforcer la participation des Congolais de l’étranger au développement du pays. Au-delà des transferts financiers, les discussions ont porté sur la valorisation des compétences, le transfert de technologies et la création de partenariats entre la diaspora, les entrepreneurs locaux et les institutions publiques.

Les travaux ont été organisés autour de neuf groupes de réflexion. Plusieurs secteurs stratégiques ont été abordés, notamment l’agriculture, la santé, l’éducation, les infrastructures, la gouvernance, la fiscalité, les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat.

Fiston Lukwebo plaide pour des investissements productifs

Intervenant à la clôture du colloque, le ministre provincial des Petites et Moyennes Entreprises, Fiston Lukwebo, a souligné l’importance stratégique de la diaspora dans la transformation de l’économie congolaise.

Selon les orientations présentées, les Congolais établis à l’étranger représentent un potentiel qui dépasse les ressources financières transférées à leurs familles. Leurs compétences professionnelles, leurs expériences, leurs réseaux internationaux et leur maîtrise des nouvelles technologies peuvent également contribuer à moderniser le tissu économique national.

L’enjeu consiste désormais à convertir ces atouts en investissements productifs, en entreprises compétitives et en emplois durables. Dans cette perspective, le ministre a mis en avant les partenariats public-privé comme un mécanisme permettant de rapprocher les pouvoirs publics, les investisseurs et les entrepreneurs autour de projets porteurs de croissance.

Une attention particulière a également été accordée aux petites et moyennes entreprises (PME). Celles-ci demeurent confrontées à plusieurs obstacles, notamment les difficultés d’accès au financement, aux technologies, aux marchés et à l’accompagnement technique.

Pour favoriser leur développement, les participants ont souligné l’importance de la formalisation des activités économiques et du renforcement des capacités entrepreneuriales. La promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes figure également parmi les priorités évoquées.

Stéphanie Kimbulu mise sur le suivi des recommandations

De son côté, la fondatrice de DiaspoBoost, Stéphanie Kimbulu, a salué la diversité des contributions enregistrées durant les deux journées de réflexion. Elle a annoncé la compilation des conclusions des neuf groupes de travail dans un document de référence destiné aux institutions, aux partenaires et aux décideurs.

Cette démarche vise à préserver les recommandations formulées et à faciliter leur prise en compte dans les politiques et les initiatives en faveur du développement économique.

La fondatrice a également pris l’engagement d’assurer le suivi des travaux, de maintenir les liens entre les participants et de favoriser la concrétisation des idées proposées.

Pour elle, le colloque ne constitue pas une finalité, mais le point de départ d’une nouvelle étape consacrée à la mise en œuvre des engagements. Elle a ainsi invité les Congolais de la diaspora à s’impliquer davantage dans la création d’entreprises, le transfert de technologies, la formation des jeunes et l’accompagnement des PME locales.

L’objectif est de faire émerger des initiatives capables de répondre aux besoins du marché congolais tout en favorisant la création de valeur et d’emplois.

Neuf groupes de travail pour rapprocher la diaspora et les acteurs locaux

Les échanges organisés à Silikin Village ont permis d’explorer plusieurs pistes de collaboration entre les Congolais de l’étranger, les entrepreneurs établis en RDC, les investisseurs et les institutions publiques.

La diversité des secteurs abordés traduit la volonté de dépasser une approche limitée aux transferts de fonds. En effet, la contribution de la diaspora peut également se matérialiser par la mise à disposition d’expertises, l’accompagnement technique des entreprises locales et le développement de partenariats commerciaux.

Dans cette logique, les organisateurs ont appelé les entrepreneurs à privilégier le professionnalisme, la transparence et l’innovation. Ils ont également invité les pouvoirs publics à favoriser un environnement propice à l’investissement productif et au développement du secteur privé.

La concrétisation de ces orientations dépendra notamment de la capacité des différents acteurs à structurer des projets viables, à mobiliser les financements nécessaires et à assurer un suivi rigoureux des engagements pris.

Gisèle Tshilombo à la tête du comité exécutif de suivi

Le dispositif de suivi du colloque a également été marqué par le rôle de Madame Gisèle Tshilombo, présidente du comité exécutif de suivi de DiaspoBoost. Sa responsabilité s’inscrit dans la dynamique visant à assurer la continuité des travaux engagés du 22 au 23 octobre 2026 à Kinshasa.

Ce mécanisme de suivi apparaît essentiel pour maintenir la mobilisation des participants et accompagner la transformation des recommandations en initiatives concrètes. Il devra notamment contribuer à préserver les échanges entre les différentes parties prenantes et à soutenir les démarches susceptibles de déboucher sur des investissements.

De la réflexion à l’action économique

Au terme de cette rencontre, DiaspoBoost réaffirme son ambition de renforcer les passerelles entre la diaspora congolaise et les acteurs économiques nationaux. Les recommandations issues des neuf groupes de travail constituent désormais une base de réflexion pour les prochaines étapes.

Toutefois, l’impact réel de cette initiative dépendra de la mise en œuvre des propositions formulées, de la mobilisation des ressources et de la capacité des partenaires à maintenir leur engagement dans la durée.

Au-delà des échanges et des déclarations, le défi consiste à faire émerger des projets financés, des entreprises viables et des emplois durables. Pour la RDC, la mobilisation de sa diaspora pourrait ainsi devenir un levier supplémentaire de diversification économique, à condition que les ambitions affichées se traduisent par des résultats concrets sur le terrain.

La Rédaction

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