RDC : Kinshasa lance des projets d’infrastructures majeurs grâce à un eurobond de 1,25 milliard de dollars

La République démocratique du Congo s’apprête à engager une série de projets structurants financés par un eurobond de 1,25 milliard de dollars, récemment mobilisé sur les marchés internationaux. Près de la moitié de ces investissements concernera la capitale, Kinshasa, avec notamment la construction d’un nouveau terminal de 49 000 m² à l’aéroport, capable d’accueillir jusqu’à 5 millions de passagers par an.

Le programme prévoit également la réalisation de près de 300 kilomètres de routes, ainsi qu’une rocade de 31 kilomètres équipée d’échangeurs et de ponts, destinée à fluidifier la circulation dans la capitale. Au-delà de Kinshasa, plusieurs projets d’envergure sont annoncés, notamment dans le secteur énergétique.

Parmi eux figure le développement d’un réseau de lignes de transmission électrique de 330 KV visant à relier la Zambie à la « ceinture de cuivre » congolaise, ainsi que la construction d’une centrale hydroélectrique de 64 mégawatts et l’extension des réseaux de distribution dans la province du Kasaï-Central.

Le plan d’investissement inclut également la création de centres de formation professionnelle dans quatre villes du pays, ainsi que la modernisation de la route stratégique reliant Kisangani, dans la Tshopo, à Beni, dans le Nord-Kivu, sur un linéaire de 750 kilomètres.

Ces projets suscitent toutefois des appels à la transparence de la part de la société civile. En réponse, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a assuré que des mécanismes de suivi seront mis en place, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). « Nous allons informer la population sur l’affectation des fonds mobilisés et inviter les investisseurs à constater les réalisations », a-t-il déclaré.

Initialement, Kinshasa n’avait sollicité que 1,25 milliard de dollars, mais les soumissions des investisseurs ont atteint près de 5 milliards, témoignant d’un regain de confiance envers l’économie congolaise. « Nous célébrons une crédibilité certifiée et une entrée réussie de la RDC dans la finance internationale », a souligné le ministre.

Les projets retenus ont été sélectionnés sur la base de leur rentabilité, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), partenaire stratégique du pays depuis plusieurs années. Selon les autorités, ces investissements devraient générer des revenus significatifs, notamment grâce à l’augmentation des capacités énergétiques et aéroportuaires.

Par ailleurs, le gouvernement met en avant des réformes institutionnelles, dont la création d’un tribunal pénal économique et financier, pour renforcer la lutte contre la corruption et rassurer les investisseurs.

Avec cet emprunt, le taux d’endettement du pays devrait passer de 18,1 % à 19,5 % du PIB, un niveau jugé maîtrisé par les autorités, qui prévoient de constituer des provisions annuelles pour en assurer le remboursement.

À travers cette opération, la République démocratique du Congo ambitionne d’accélérer son développement infrastructurel tout en consolidant sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux.

Avec RFI

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