Réunis du 6 au 8 avril 2026 en Afrique du Sud, les membres fondateurs du mouvement citoyen Sauvons la RDC ont publié un communiqué final particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place. Placée sous la présidence honorifique de l’ancien chef d’État Joseph Kabila, cette rencontre visait à évaluer la situation politique, sécuritaire et socio-économique du pays.
Dans leur déclaration, les participants dénoncent une « dérive dictatoriale clairement assumée », marquée selon eux par une répression politique « systématique et brutale », ainsi que par un refus de dialogue susceptible de résoudre la crise actuelle. Ils accusent également les autorités de privilégier une logique de confrontation, y compris contre les populations civiles, en violation du droit international humanitaire.
Le mouvement pointe du doigt de graves atteintes aux droits fondamentaux, évoquant des bombardements dans des zones densément peuplées telles que Minembwe, Masisi et Goma, ainsi que des assassinats ciblés de personnalités politiques. Les signataires dénoncent aussi l’abandon de certaines populations, notamment dans les régions de l’Ituri et du Nord-Kivu, livrées selon eux à des violences extrêmes.
Sur le plan social, le constat est tout aussi alarmant. Le communiqué souligne une dégradation continue des conditions de vie, avec une majorité de la population vivant sous le seuil de pauvreté, dans un contexte de famine et d’insécurité persistante. Le pays serait désormais parmi les plus touchés par l’extrême pauvreté.
Par ailleurs, les initiateurs du mouvement critiquent les efforts internationaux de médiation, estimant qu’ils n’ont pas permis d’aborder les causes profondes de la crise. Ils évoquent notamment le non-respect des accords politiques, l’illégitimité des institutions et l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Le document met également en cause certains accords conclus entre le gouvernement de Kinshasa et des partenaires étrangers, notamment les États-Unis. Les auteurs dénoncent un manque de transparence, en particulier autour d’accords jugés contraires à l’éthique et aux intérêts nationaux.
Enfin, le mouvement “Sauvons la RDC” s’oppose fermement à toute tentative de révision constitutionnelle. Il appelle les citoyens à se mobiliser pour défendre l’ordre constitutionnel et réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte contre ce qu’il qualifie de « système dictatorial ».


Rewil Bolio


