Le diplomate américain James Swan a officiellement pris ses fonctions ce mardi 7 avril 2026 en tant que Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO. Son arrivée intervient dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans l’Est du pays, notamment en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Adoptée en décembre 2025, la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies renouvelle le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026 et suspend le processus de retrait progressif de la mission, en raison de la dégradation continue de la situation sécuritaire. Le mandat intègre également les avancées diplomatiques récentes, notamment l’accord de paix de Washington signé en juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, ainsi que celui de Doha conclu en novembre de la même année.
Dans sa première déclaration officielle, James Swan a réaffirmé son engagement envers le peuple congolais : « J’arrive à Kinshasa avec humilité et détermination, pleinement engagé à soutenir le peuple Congolais et à faire avancer les efforts nécessaires en faveur de la désescalade et d’une paix durable. » Il a précisé que sa priorité est de veiller à ce que la MONUSCO mette pleinement en œuvre son mandat, avec un accent particulier sur la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et la création de conditions propices à une paix durable.
Le nouveau chef de mission a souligné que « la crise actuelle n’a pas de solution uniquement militaire. Les progrès nécessiteront le dialogue, l’engagement régional et la mise en œuvre des engagements déjà pris. » Il a ajouté que les Nations Unies se tiennent aux côtés du peuple Congolais et des institutions de la RDC, dans le plein respect de la souveraineté nationale.
Avec ce mandat renforcé, la MONUSCO est également autorisée à mener des opérations offensives ciblées contre les groupes armés et à répondre aux menaces émergentes, telles que l’usage de drones et d’armes sophistiquées. Le Conseil de sécurité insiste en outre sur la lutte contre l’impunité, la protection des civils en particulier les enfants et le renforcement des mécanismes judiciaires, notamment en matière de violences sexuelles. La résolution condamne fermement les offensives de l’AFC/M23 et exige le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
« La protection des civils restera au cœur de l’action de la MONUSCO. Mon expérience antérieure en RDC m’a donné un profond respect pour ce pays, pour son peuple, ainsi que pour l’importance d’une collaboration étroite avec les autorités nationales et les communautés », a conclu James Swan.
Avec ce mandat particulièrement complexe, James Swan hérite d’une mission stratégique à la croisée des enjeux sécuritaires, diplomatiques et humanitaires dans l’un des contextes les plus fragiles du continent africain.
Ephraïm Muyaya et David Batamana


