Depuis sa cellule, Constant Mutamba s’adresse aux Congolais dans une lettre à la tonalité sobre et engagée. Il y plaide pour un débat « ouvert, apaisé et inclusif » autour de la réforme constitutionnelle en discussion.
Face aux tensions actuelles, l’acteur politique met en garde contre deux dérives : le rejet systématique, qu’il juge stérile, et l’adhésion aveugle, qu’il estime dangereuse pour la démocratie. Il appelle à une voie médiane, fondée sur l’exigence et la responsabilité.
« Être exigeant sans être destructeur. Être engagé sans être instrumentalisé. Être libre, sans être isolé », écrit-il, résumant sa position. Selon lui, le pays « mérite mieux que les affrontements stériles » et doit pouvoir compter sur des citoyens « capables de tenir debout, même au milieu des tempêtes ».
Dans son message, Constant Mutamba insiste sur la nécessité de préserver les fondamentaux républicains : « La République ne se négocie pas. Elle se protège, se renforce et se transmet. » Il appelle ainsi à l’unité et à la responsabilité collective pour surmonter les divisions.
S’adressant directement à la jeunesse, il reconnaît la légitimité de son engagement tout en l’invitant à la lucidité : « Votre vigilance est légitime. Votre exigence est nécessaire. Mais ne cédez ni au découragement, ni à la manipulation. » Il exhorte les jeunes à participer activement au débat public : « Engagez-vous, interrogez, proposez, construisez. L’avenir de cette Nation ne se fera ni contre vous, ni sans vous. »
Aux institutions, il lance un appel à la retenue et à la maturité : « Faisons de ce moment non pas une source de division, mais une occasion de maturité politique. » Et de rappeler : « Chacun doit jouer son rôle avec responsabilité, au service du peuple. »
Sur le fond, l’auteur estime qu’aucune constitution n’est figée. Une réforme peut donc être envisagée, à condition qu’elle serve l’intérêt général. À l’inverse, toute initiative guidée par des intérêts partisans doit, selon lui, être écartée.
En conclusion, Constant Mutamba recentre le débat sur les priorités du pays : la sécurité, l’accès à la justice et l’amélioration des conditions de vie. « Aucune réforme ne doit fragiliser les principes fondamentaux de notre démocratie », insiste-t-il.
Par cette prise de parole, il entend contribuer au débat national, malgré sa détention, en appelant à un sursaut de responsabilité et à la défense des valeurs démocratiques.
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