Après le désaveu du bureau du Sénat de la République démocratique du Congo à la suite de la récente sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président de la chambre haute, s’opposant à la tendance émergente au sein de l’Union sacrée de la Nation favorable à une révision ou à un changement de la Constitution, le groupe politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), dont il est membre, est également monté au créneau.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 mars, les sénateurs membres de l’AFDC-A affirment que la récente sortie médiatique de Bahati Lukwebo n’a jamais fait l’objet d’un débat ni d’une validation préalable au sein du groupe. Ils se désolidarisent ainsi de cette prise de position, qu’ils qualifient de personnelle, et invitent le deuxième vice-président du Sénat à en tirer les conséquences politiques.
Dans leur déclaration, les élus réaffirment par ailleurs leur soutien au président de la République, Félix Tshisekedi.
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la vision et aux réformes engagées par Son Excellence Félix Tshisekedi Tshilombo, Président de la République. Nous rappelons également que la souveraineté nationale appartient au peuple, conformément à l’article 5 de la Constitution », ont-ils déclaré.
Le groupe politique adresse également ses félicitations au chef de l’État pour les succès diplomatiques enregistrés par la République démocratique du Congo, notamment les avancées dans les processus de paix et les accords de Washington, dont le projet de loi de ratification devrait prochainement être examiné par le Parlement.
Les sénateurs de l’AFDC-A au Sénat ont en outre réaffirmé leur attachement à l’unité nationale, à la paix durable et à la défense des intérêts supérieurs du pays.
Ce débat intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est de la RDC, marqué par des combats opposant la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda, aux forces gouvernementales. Parallèlement, le 20ᵉ anniversaire de la Constitution congolaise, célébré chaque 18 février, a ravivé les débats au sein de la classe sociopolitique sur son maintien, sa révision ou son éventuel changement.
Alors que cette question divise la classe politique, Bahati Lukwebo a récemment exprimé une position divergente. Interrogé sur les propos de certains responsables politiques estimant que le président de la République n’a pas des mandats mais des missions à la tête du pays, le deuxième vice-président du Sénat a déclaré considérer Félix Tshisekedi comme un républicain disposant d’un mandat constitutionnel qui s’achève en 2028, avant d’envisager toute autre perspective.
Cette position de l’autorité morale de l’AFDC-A n’a toutefois pas été bien accueillie au sein de sa famille politique. À ce stade, l’élu du Sénat fait déjà l’objet d’une pétition visant sa déchéance du poste de deuxième vice-président de la chambre haute.
La pétition a été initiée par le sénateur Dany Kabongo, élu de Lubumbashi. Ce dernier a indiqué ce lundi à nos confrères d’ACTUALITE.CD que 37 signatures ont déjà été recueillies. La rentrée parlementaire est prévue le 15 mars.
Ephraïm Muyaya


