Les sanctions récemment annoncées par les États-Unis contre l’armée rwandaise et plusieurs de ses hauts responsables continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile en République démocratique du Congo.
Parmi les organisations ayant réagi figure la Voix des Sans Voix (VSV), qui affirme prendre acte de cette décision. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation estime que ces sanctions constituent une réponse attendue depuis longtemps par certaines organisations de la société civile, qui réclamaient des mesures concrètes au-delà des simples condamnations verbales de la communauté internationale.
Selon la VSV, ce type d’initiatives pourrait contribuer à renforcer les efforts visant à améliorer la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, une région marquée par des violences armées et de nombreuses violations des droits humains.
L’organisation appelle ainsi d’autres États et institutions internationales à envisager des sanctions similaires contre les acteurs, étatiques ou non étatiques, qu’elle considère comme impliqués dans l’insécurité persistante dans cette partie du pays.
Des sanctions annoncées par le Trésor américain
Le 2 mars, le Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor des États-Unis a inscrit la Rwanda Defence Force ainsi que quatre de ses responsables sur la liste des « Specially Designated Nationals and Blocked Persons » (SDN).
Les personnalités concernées sont Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga et Vincent Nyakarundi.
Cette désignation entraîne le gel de leurs éventuels avoirs relevant de la juridiction américaine et interdit aux citoyens ainsi qu’aux entreprises des États-Unis d’effectuer des transactions avec les personnes ou entités visées.
Une licence temporaire pour la fin des transactions
Parallèlement, l’OFAC a publié une licence générale n°1, dans le cadre du règlement 31 CFR, partie 547, relatif aux sanctions liées à la République démocratique du Congo.
Cette mesure autorise, jusqu’au 1er avril 2026 à 00h01 (heure de l’Est), certaines opérations jugées nécessaires pour mettre fin progressivement aux transactions impliquant la Rwanda Defence Force ou toute entité dans laquelle elle détient directement ou indirectement au moins 50 %.
Pour la Voix des Sans Voix, ces sanctions pourraient constituer un signal fort dans la lutte contre l’insécurité et les violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo, à condition qu’elles soient suivies d’initiatives similaires de la part d’autres acteurs de la communauté internationale.
Ephraïm Muyaya


