Le récent reportage consacré à la modernisation du marché central de Zando par le journaliste reporter Giscard Kusema Kamba continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique kinoise. Au cœur des débats : l’absence, dans le commentaire du reportage, de références explicites à l’initiateur du projet, le sénateur Gentiny Ngobila Mbaka, ainsi qu’aux différents acteurs ayant participé à la concrétisation de cette infrastructure emblématique.
Pour plusieurs observateurs, cette omission soulève une question essentielle liée à la restitution de la mémoire des projets publics en République démocratique du Congo. Nombreux estiment que la modernisation du marché Zando ne peut être évoquée sans rappeler qu’elle s’inscrivait dans le vaste programme « Kinshasa Bopeto », lancé à l’époque par Gentiny Ngobila lorsqu’il dirigeait la ville de Kinshasa.
À travers ce programme, les autorités provinciales ambitionnaient de traduire en actes la vision du Président Félix Tshisekedi fondée sur le slogan « le peuple d’abord », avec comme priorité l’assainissement urbain et l’amélioration des conditions de vie des populations kinoises. La construction d’un marché moderne répondant aux standards contemporains figurait alors parmi les projets phares mis en avant par l’exécutif provincial.
Des archives audiovisuelles largement relayées à l’époque montrent d’ailleurs le Chef de l’État saluant publiquement cette initiative lors de plusieurs séquences officielles à l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Certains rappellent également que le journaliste Giscard Kusema Kamba faisait partie des professionnels des médias présents lors de ces activités officielles où le Président Tshisekedi avait exprimé son soutien au projet porté par Gentiny Ngobila.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations émergent au sein de l’opinion. S’agit-il d’un simple oubli éditorial dans le traitement du reportage ou d’une approche jugée incomplète dans la restitution des faits historiques liés à la modernisation du marché Zando ? Sans remettre en cause le travail journalistique réalisé, plusieurs analystes et acteurs de la société civile plaident néanmoins pour un traitement plus équilibré des grands projets publics, afin de reconnaître la contribution de chaque acteur impliqué dans leur mise en œuvre.
Au-delà de la polémique, cette controverse remet sur la table une problématique plus large : celle de la conservation de la mémoire institutionnelle et politique des réalisations publiques en RDC. Pour plusieurs observateurs, l’exactitude des faits demeure un impératif essentiel dans le travail journalistique, particulièrement lorsqu’il s’agit d’infrastructures ayant marqué la vie des populations.
Dans une ville confrontée à de nombreux défis urbains, la modernisation du marché Zando reste, pour beaucoup de Kinois, l’un des symboles des ambitions de transformation de Kinshasa engagées ces dernières années. Raison pour laquelle plusieurs voix appellent aujourd’hui à une lecture plus complète et plus nuancée de l’histoire de ce projet, dans le souci de préserver l’honnêteté intellectuelle, la mémoire collective et la reconnaissance du travail accompli au service de la population.
DBM


