Le président de la République, Félix Tshisekedi, a animé mercredi 6 mai une conférence de presse à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, au cours de laquelle il a abordé plusieurs questions liées à la sécurité, à la diplomatie, à l’économie, à la politique, au sport et à la culture. Pendant près de trois heures, le chef de l’État a échangé avec les journalistes, en présence de la quasi-totalité des membres du gouvernement.
Interrogé sur le débat autour de la réforme constitutionnelle et l’hypothèse d’un troisième mandat, Félix Tshisekedi a affirmé qu’il resterait disponible si les Congolais lui demandaient de poursuivre son action à la tête du pays.
« Si les Congolais me demandent de revenir au front, je suis à leur disposition tant que Dieu me donnera l’énergie nécessaire », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également insisté sur le fait qu’aucune réforme constitutionnelle ne pourrait être engagée sans consultation populaire. « Si changement ou révision doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c’est-à-dire par référendum », a-t-il ajouté.
Selon Félix Tshisekedi, la réflexion autour d’une éventuelle révision de la Constitution ne constitue ni une improvisation ni une provocation politique. Il a présenté cette orientation comme un projet ancien porté par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
L’opposition dénonce une remise en cause des verrous constitutionnels
Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions dans les rangs de l’opposition. L’ancien député Claudel-André Lubaya, proche de l’ex-président Joseph Kabila, a vivement critiqué l’idée selon laquelle une volonté populaire pourrait justifier une modification des dispositions protégées de la Constitution.
« Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit », a-t-il affirmé.
Pour l’opposant, la Constitution congolaise encadre strictement les modalités de sa révision à travers l’article 218, tandis que l’article 220 verrouille certaines dispositions jugées intangibles, notamment celles liées au nombre et à la durée des mandats présidentiels.
Claudel Lubaya estime qu’une tentative de modification de ces dispositions constituerait une démarche contraire à l’ordre constitutionnel. Il évoque également les articles 164 et 165 relatifs à la responsabilité des autorités publiques, tout en rappelant l’article 64, qui impose aux citoyens de défendre la Constitution face à tout exercice du pouvoir jugé anticonstitutionnel.
Un sujet politiquement explosif en RDC
Le débat sur la réforme constitutionnelle reste particulièrement sensible en République démocratique du Congo. Par le passé, plusieurs initiatives perçues comme des tentatives de prolongation du pouvoir présidentiel avaient provoqué des tensions politiques majeures, des manifestations et parfois des violences.
Les déclarations du président Tshisekedi relancent ainsi un débat déjà explosif dans le paysage politique congolais, à l’approche des prochaines échéances électorales.
Rewil Bolio


