La gestion de certains dossiers sensibles continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Dans une prise de position remarquée, Ferdinand Kambere a vivement critiqué l’attitude des autorités face aux cas de Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, évoquant un « malaise » et une « déresponsabilisation » au sommet de l’État.
Selon lui, « ce n’est jamais facile de travestir la vérité face à des violations flagrantes des libertés fondamentales ». L’un des adjoints d’Emmanuel Ramazani Shadary pointe notamment du doigt la communication jugée hésitante du ministre de la Justice, pourtant issu de la société civile et longtemps considéré comme un défenseur rigoureux des droits humains.
Dans son propos, il revient sur une séquence qu’il estime révélatrice : le ministre affirme avoir rencontré les deux personnalités et assure que « les conditions sont bonnes », sans être en mesure de préciser leur lieu de détention. Une réponse qui, pour Ferdinand Kambere, traduit un embarras manifeste. « À la question simple — où sont-ils ? — le silence s’installe », déplore-t-il, dénonçant un renvoi de responsabilité vers le parquet.
Pour l’acteur politique, cette situation illustre une faille plus profonde dans le fonctionnement institutionnel. Il met en garde contre un système qui, selon lui, contraint ses propres responsables à l’esquive et au déni, au risque d’entamer leur crédibilité. « Un régime qui pousse ses cadres à défendre l’indéfendable finit toujours par les diminuer », affirme-t-il.
Au-delà des cas de Minaku et Shadary, Ferdinand Kambere élargit son propos à d’autres dossiers qu’il juge préoccupants. Il cite notamment les situations du pasteur Ngoy, de Dunia Kilanga, de Kamizelo et de Nathael, appelant implicitement à plus de transparence et de clarté dans le traitement de ces affaires.
Ces déclarations interviennent dans un climat où les questions liées au respect des libertés fondamentales et à la transparence judiciaire demeurent au cœur du débat public en République démocratique du Congo.
Vanessa Kampond


