Maï-Ndombe : polémique autour de la désignation contestée d’un Chef de Division des Finances

La Division provinciale des Finances du Maï-Ndombe traverse une zone de turbulences marquée par des accusations d’irrégularités administratives, de pratiques douteuses et de tensions institutionnelles. Au cœur de la controverse figure MBAFU YALOLO, un agent de grade Attaché d’Administration de deuxième classe (ATA2), dont la désignation comme Chef de Division suscite une vive contestation.

L’origine de cette crise remonte à juin 2025, à la suite du départ à la retraite du titulaire du poste. Conformément aux règles de continuité du service public, un intérimaire est alors désigné par l’autorité provinciale pour assurer la gestion de la division.

Cependant, la situation bascule lorsqu’une décision prise au niveau central vient redistribuer les cartes. La Vice-ministre des Finances désigne en effet MBAFU YALOLO à la tête de la division, malgré un grade jugé insuffisant pour occuper une telle fonction.

Sur le plan légal, cette nomination soulève des interrogations majeures. La loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’État prévoit une progression hiérarchique stricte ainsi qu’une correspondance entre grade et fonction. Les dispositions relatives à la promotion, notamment celles exigeant le respect des critères de compétence et de procédure, semblent ici au cœur du débat. Des textes réglementaires récents rappellent également l’importance de l’adéquation entre les responsabilités exercées et le niveau de qualification requis.

Au-delà de l’aspect administratif, le profil de l’intéressé alimente davantage la polémique. Selon plusieurs sources concordantes, MBAFU YALOLO serait impliqué dans une opération présumée d’extorsion de fonds menée en 2025 au sein de la division. Environ 400 agents auraient été sollicités pour verser chacun 40.000 francs congolais, en contrepartie de démarches liées à l’obtention de leurs commissions d’affectation. À ce jour, ces documents ne seraient toujours pas disponibles, ce qui renforce les soupçons de pratiques frauduleuses.

D’autres éléments viennent fragiliser la légitimité de cette désignation, notamment des critiques portant sur les capacités professionnelles de l’agent, évoquant un niveau jugé insuffisant pour diriger une structure stratégique comme la Division provinciale des Finances.

Face à ces multiples zones d’ombre, l’autorité provinciale refuse jusqu’à présent de procéder à sa mise en service, invoquant le respect des textes légaux et des principes de bonne gouvernance. Malgré cela, l’intéressé aurait entrepris de se rendre à Inongo pour tenter d’imposer une remise et reprise, une démarche qui contribue à accentuer les tensions.

Cette affaire soulève plusieurs interrogations de fond : comment une telle nomination a-t-elle pu être validée en dépit des exigences statutaires ? Les mécanismes de contrôle au sein de l’administration publique sont-ils suffisamment efficaces pour prévenir ce type de situation ? Et surtout, les allégations d’extorsion feront-elles l’objet d’enquêtes approfondies afin d’établir les responsabilités et, le cas échéant, rétablir les agents lésés dans leurs droits ?

Au-delà du cas individuel, cette controverse met en lumière les défis persistants liés à la gouvernance administrative en province. Elle pose avec acuité la question du respect des règles, de la transparence dans les nominations et de la crédibilité des institutions publiques, dans un contexte où la confiance des agents et des citoyens demeure un enjeu central.

Kerene Bausa Mbo

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