L’opposition se mure dans le silence face à l’agression rwandaise, Ne fait-elle pas simplement écho à la posture de l’opposition d’hier qui, elle aussi, gardait la bouche cousue?
Sous le mandat de Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, de nombreux groupes rebelles ont attaqué le pays, allant jusqu’à s’emparer de la ville de Goma. Pourtant, aucune déclaration officielle de l’opposition de l’époque ne condamnant ces actes n’a été recensée. Certains opposants semblaient alors considérer que le patriotisme équivalait à renverser un régime par tous les moyens, y compris le pillage.
Aujourd’hui, le discours a évolué. Condamner les agresseurs est désormais perçu comme un acte patriotique. Cette évolution soulève la question de la pertinence de cette nouvelle approche. Comme le dit l’adage : « Le piment est une bonne thérapie dans les yeux d’autrui ».
Hier, vous avez brûlé les biens de l’État (Transco, caméras de surveillance, etc.) et aujourd’hui, nous déplorons l’insécurité et le manque de transport. Les erreurs du passé vous rattrapent et elle doivent être corrigées sans arrogance (Les mêmes acteurs reproduisent les mêmes erreurs).
Bien que nous condamnons fermement l’agression actuelle, il est important de rappeler que dénoncer ne signifie pas se substituer au gouvernement. Le pillage, qui a ravagé notre économie dans les années 90, doit être évité à tout prix.
Les autorités du pays sont invitées à prendre les mesures nécessaires pour neutraliser le groupe rebelle et rétablir l’ordre dans les zones sous leur contrôle. La situation sécuritaire à l’ouest du pays doit également être stabilisée. Le chef de l’État est appelé à prendre des mesures fortes pour sauver la République.
Je reviendrai sur cette question dans une prochaine analyse
Rewil BOLIO
Journaliste et Analyste politique


